Chapitre 1
Voilà maintenant 9 ans qu'elle était « au service » de l'organisation.
Ses parents avaient été tué lors d'un échange de balles entre malfrats et forces de l'ordre.
On l'avait ensuite confié à son oncle, le frère de son père.
Il était le « Grand chef » d'une organisation mafieuse qui sévissait dans tout le pays.
Elle avait 4 ans à cette époque...
Il ne faisait pas attention à elle, ne s'y intéressait que très peu. En quoi une gamine pourrait elle lui servir ?
Cependant, touts les mois, il passait une journée avec elle.
Pour ses 5 ans, il lui fit un cadeau qui bouleversa le cours de sa vie.
Un homme fit irruption dans le bureau où ils se trouvaient et attrapa la fillette par le cou, soulevant son petit corps au-dessus du sol.
Il hurlait, menaçai l'oncle d'appeler la police, de leur révéler les secrets de l'organisation,...
La fillette avait du mal à respirer, les mains de l'homme lui faisaient mal mais elle ne pleurait pas. Elle ne fessait rien.
Son oncle n'hésita pas un seul instant à tirer sur l'intrus, malgré le danger que cela représentait pour elle.
Elle tomba, atterrit sur le corps sans vie, se leva, fit lentement quelques pas et se retourna en direction du cadavre. Elle le regarda calmement, sans aucune expression sur le visage puis fit volte-face et demanda à son tuteur :
-Il a été puni ?
Innocence de l'enfance face à la mort.
-Oui, répondit l'adulte. Il a reçu une punition car il a été méchant.
-Je n'aime pas les méchants !
-Je te comprend. Mais il y a plein de méchant dans le monde.
-Il faut les punir aussi. Comme ça ils ne feront plus de bêtises.
-Tu as raison. Veux-tu que je t'apprenne à punir les méchant ?
-Oui.
C'est étrange comme un seul mot peut changer une vie entière.
Depuis ce jour, il passa plus de temps avec elle. Il lui donnait des leçons qu'elle suivait assidûment.
Pour ses 7 ans, elle reçu un revolver.
Ce fut à ce moment que son travail pour l'organisation commença réellement.
Son oncle lui amenait les « méchant » et les enfermait dans une pièce où elle les exécutait.
Elle s'acquittait de sa tâche avec froideur, désintérêt et sans aucune émotion.
Les jours, les mois et les années passèrent.
Elle grandit. Ses « travaux » aussi. Elle était devenue la « nettoyeuse » de l'organisation, la débarrassant des vermines qui la polluait.
Malgré ce rôle, personne n'était réellement persuadé de son existence.
On parlait d'elle comme d'une rumeurs, on doutait du fait qu'elle soit réelle.
Jusqu'à ce qu'on l'aie en face de soit.
A ce moment là, la terreur surpasse tout le reste et persiste jusqu'à l'arrivée de la mort.
Elle n'aimait pas son travail. Elle aimait son travail.
Les deux à la fois. En fait, c'est tout ce qu'elle connaissait.
Elle ne connaissait pas ses victimes. Elle ne savait rien d'eux. Qu'ils aient une femme, des enfants, tout cela ne la concernait en rien.
Tout ce qu'elle savait, c'est qu'ils devaient mourir. Son oncle l'avait demandé.
Appuyée contre un mur, elle pensait à tout ça.
Elle se rappelait toutes les personnes qu'elle avait tué.
Tant de vie arrachée, tant de corps retrouvé, tant de...
Elle fut interrompue dans ses pensées par une voiture noire qui s'arrêta juste devant elle.
Elle monta.
-Bonjour mademoiselle Eve. Vous allez bien ?
-Ouais...On rentre de suite. Je suis crevée.
-Bien mademoiselle.
-Edouard ?
-Oui mademoiselle ?
-Arrêtez avec le « mademoiselle ».
-Entendu...Mademoiselle.
Edouard Shugard. Chauffeur à son service depuis 5 ans.
Il la conduisait où elle voulait. Du moins...Où son oncle acceptais qu'elle aie.
Trajet cours uniquement. Elle vivait depuis toujours dans une villa à la campagne. Jamais son oncle ne l'avait autorisé à se rendre dans une grande ville.
Quand une de ses proies se trouvait dans une de ces dernières, des hommes étaient chargé de ramener la victime à la villa.
Son oncle craignait sûrement qu'elle ne développe des sentiments si elle était exposé au contact de trop d'individus.
10 minutes plus tard, ils se garèrent dans une allée de graviers jouxtant une imposante résidence.
Elle sortit de la voiture et rentra dans le bâtiment.
Passage obligé par le bureau de son oncle afin de faire son rapport.
Elle toqua à la porte et une voix grave lui répondit d'entrer.
-Bonsoir mon oncle.
-Ah Eve ! Comment c'est passé ton « travail » ?
-Bien. Sujet éliminé.
-Parfait, parfait ! Tu dois être fatiguée. Vas te coucher.
-Bonne nuit mon oncle.
Elle se dirigea vers la porte quand il dit :
-Demain je déjeunerai avec toi alors ne tarde pas au lit !
-Bien mon oncle.
Elle alla se coucher. Elle était tellement épuisée qu'elle s'endormit presque immédiatement.
C'était toujours comme ça quand elle éliminai quelqu'un. Non pas qu'elle était fatiguée par une course poursuite ou autre chose. C'était juste mentalement éreintant d'ôter la vie à quelqu'un.